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Auteur :

Gaël Faye.

Résumé :

"Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait "Comment ça va ?" je répondais toujours "ça va !". Du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. A esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par "ça va un peu". Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé."

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son "petit pays", le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de coeur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

De quelle façon je me suis procuré ce livre :

Emprunt à la bibliothèque municipale.

Mon avis après la lecture :

Je n’ai pas versé une seule larme pendant ma lecture et j’ignore si je dois dire tant mieux ou si, au contraire, je dois m’en inquiéter. Néanmoins, et je le reconnais facilement, cette histoire m’a marqué. Ce n’est pas la première fois que je lis un texte qui traite de la guerre et comme je suis un adepte des lectures violentes, cela doit aider à contenir son émotion ou du moins, à l’accepter sans trop se pencher dessus. En tout cas, ce livre possède deux parties bien distinctes. La première, la plus facile à lire, est celle de l’enfance et de son insouciance. On fait connaissance des conditions de vie au Burundi et surtout, on est très vite mis au parfum au sujet des quelques raisons de rivalité qui traînent entre les différentes communautés ethniques présentent sur ce sol. Toutefois, au fur et à mesure qu’on avance dans cette lecture, on a parfois droit à quelques phrases nous indiquant que le pays s’apprête à vivre quelque chose d’unique où de nouvelles pages de sa propre histoire s’apprêtent à s’écrire. On pourrait croire que ces changements se feront dans la paix mais hélas…. Et c’est ainsi, tout doucement, que ce livre bascule de la joie à l’horreur… Celle apportée par la guerre. En rédigeant ces lignes, je me suis demandé si j’allais faire mes fameuses listes car il est très difficile de se montrer bonne ou mauvaise langue face à ce type de lectures. Néanmoins, certains points m’ont parlé et fort heureusement, ce sont des points positifs.

Les points positifs :

  • Les instants d’insouciance qu’a vécu le héros principal et ses amis, lors de leur enfance. Certains d’entre eux ont fait resurgir en moi des moments que j’avais presque oublié. Les sentir remonter à la surface et me replacer dans ces contextes s’est avéré un délicieux voyage dans mon propre passé. Voler les fruits de l’arbre du voisin, je l’ai fait. Voir des fêtes de village s’organiser dans le jardin de ses parents juste pour se voir fêter son anniversaire comme il se doit, fait. Se trouver un endroit sympa avec les copains pour s’y poser, y faire notre repaire et passer des heures à refaire notre monde, fait. Bref, l’enfance contée dans cette histoire était très similaire à la mienne. C’était vraiment super agréable de revivre tout ça.

  • La plume de l’auteur. Je l’ai trouvé particulièrement légère mais surtout, riche. Grâce aux mots choisis, on se promène tranquillement dans cette Afrique et on se plaît à faire la connaissance de sa faune, de sa flore, du climat qui y règne, du quotidien de ses habitants. Certaines expressions étaient très poétiques et nous permettaient de pouvoir souffler un peu, surtout lorsqu’on prenait connaissance du contenu un peu plus dur des pages consacrées à la guerre qui sévit au sein de ce livre.

Le point négatif :

  • Il y en a un à mes yeux mais j’ignore si on peut le nommer négatif. J’aurais aimé en lire un peu plus sur cette tragédie car la partie consacrée à la guerre était nettement plus petite que celle de l’enfance et de ses moments joyeux. Ce n’est pas du voyeurisme morbide qui s’exprime là car je sais les atrocités qui peuvent se réaliser en temps de guerre. Peut-être était-ce là un souhait de l’auteur pour ne pas trop nous traumatiser. Choix que je peux comprendre.

Par contre, il y a un point sur lequel je souhaite revenir car il m’inquiète vraiment. Je dénonce cette fascination que porte les africains sur les pays occidents, ceux qui sont à genoux devant le capitalisme, les courants américains, bref, tout ce qui offre un sacré lavage de cerveau, une perte de sa propre identité, de ses propres choix, de sa véritable histoire. A l’heure actuelle, l’Europe est en train de vivre la même chose puisqu’elle se retrouve victime de la perte de cette force qu’elle possédait, de ce passé riche, blessant mais constituant au profit d’une histoire qui ne fait pas partie de sa culture, celle des Etats-Unis. Je trouve déplorable que la plupart des pays décide d’emprunter ce chemin et j’espère ne pas être le seul à craindre le pire en ce qui concerne un certain futur déplorable, qui, bizarrement, ressemble de plus en plus à un lendemain prochain.

Bien sûr, j'encourage les personnes qui tergiversent à lire ce livre, de le faire au plus vite. Cela permet de réfléchir autrement et je sais désormais que j'irai me risquer sur d'autres lectures qui traitent de l'Afrique. Ce continent est bien plus riche qu'on pourrait le croire et maintenant que ma curiosité est attisée, il ne reste plus qu'à la rassassier.

Note attribuée à cette lecture :

19 / 20.